Free Mobile est présent sur 33 629 points hauts en France métropolitaine. L'opérateur n'en possède que 2 412, soit 7,2 %. Le reste appartient à des sociétés spécialisées dans la location de pylônes, à des bailleurs, à des collectivités, et pour une part non négligeable à des opérateurs concurrents.
Ce n'est pas une singularité de Free : l'externalisation des points hauts est la norme du secteur depuis une quinzaine d'années. Mais elle explique plusieurs choses que la carte laisse dans l'ombre, notamment pourquoi tant de sites portent les antennes de plusieurs opérateurs, et pourquoi l'ajout d'une bande de fréquences sur un site existant est souvent plus rapide que la construction d'un site neuf.
Chiffres établis sur les données ANFR intégrées le 03/07/2026 à 19h20.
Ce que dit exactement le fichier de l'ANFR
Chaque support déclaré à l'Agence nationale des fréquences porte un champ « propriétaire », renseigné selon une nomenclature fermée d'une cinquantaine de libellés (« TDF », « Société HLM », « Conseil Départemental », « Copropriété, Syndic, SCI »…). Ce champ désigne le propriétaire de la structure : le pylône, le toit, le château d'eau. Il ne dit rien de la propriété des antennes elles-mêmes, qui restent celles de l'opérateur, ni des conditions du bail.
Pris tel quel, ce vocabulaire est illisible : « TDF » et « Towercast » comptent séparément alors qu'ils relèvent du même métier, et une commune ne se compare pas à un particulier. Les libellés sont donc regroupés ici en six familles, dont la somme est vérifiée : elle doit toujours égaler le nombre total de sites, faute de quoi un libellé serait passé à travers le classement.
Les 33 629 points hauts par famille de propriétaire
| Propriétaire | Sites | Part | Hauteur moy. | Pylônes |
|---|---|---|---|---|
| Sociétés de tours | 18 762 | 55,8 % | 34,3 m | 98 % |
| Bailleurs et propriétaires privés | 6 293 | 18,7 % | 27,6 m | 3 % |
| Collectivités et secteur public | 3 459 | 10,3 % | 35,0 m | 38 % |
| Free Mobile en propre | 2 412 | 7,2 % | 30,4 m | 97 % |
| Autres opérateurs | 2 073 | 6,2 % | 34,0 m | 94 % |
| Gestionnaires de transport et d'énergie | 625 | 1,9 % | 25,2 m | 57 % |
| Autres et non précisé | 5 | 0,0 % | 40,8 m | 80 % |
« Pylônes » : part des sites de la famille installés sur un pylône (autostable, tubulaire, haubané ou arbre artificiel) plutôt que sur un bâtiment ou un ouvrage.
Les sociétés de tours, premier bailleur du réseau
55,8 % des sites (18 762) appartiennent à des sociétés dont le métier est de construire et de louer des points hauts à plusieurs opérateurs à la fois. Leur parc est presque exclusivement constitué de pylônes (98 %), pour une hauteur moyenne de 34,3 mètres.
TDF, héritier du réseau de diffusion audiovisuelle français, en est le premier avec 5 968 sites (17,7 % du total) et les structures les plus hautes du parc (38,2 mètres en moyenne). Viennent ensuite plusieurs sociétés issues du secteur mobile lui-même : TOTEM, filiale d'Orange, On Tower France et HIVORY, rattachées au groupe Cellnex, et ATC France, filiale française d'American Tower. Autrement dit, une partie du réseau de Free repose sur des infrastructures constituées à l'origine par ses concurrents, puis filialisées et ouvertes à la location.
C'est le sens de l'accord signé en février 2026 entre Free et TDF, qui porte sur 2 500 nouveaux sites : la croissance du parc passe désormais moins par la construction en propre que par la commande à un opérateur d'infrastructures (notre article sur cet accord).
Ce que Free possède en propre
Les 2 412 sites détenus directement par l'opérateur sont à 97 % des pylônes, hauts de 30,4 mètres en moyenne, soit un peu moins que ceux des sociétés de tours. Ce sont, pour l'essentiel, des sites construits pour son propre besoin, là où aucune structure existante ne convenait ou n'était disponible.
Les toits, ce que les pylônes font oublier
Derrière les pylônes, 18,7 % des sites (6 293) appartiennent à des propriétaires privés qui ne sont pas du métier : copropriétés et SCI (2 432 sites), bailleurs sociaux (2 379 sites), sociétés diverses, particuliers. Le chiffre qui les caractérise est celui des pylônes : 3 % seulement. Ces sites-là sont des toits, et c'est ce qui rend la couverture des centres urbains possible sans y planter de pylône.
Le cas des bailleurs sociaux est frappant : 2 379 sites, dont 0 % sur pylône, c'est-à-dire des terrasses d'immeubles presque sans exception. Le parc HLM est, de fait, une infrastructure de couverture mobile en zone dense.
Les collectivités, surtout là où le marché ne suffit pas
3 459 sites (10,3 %) appartiennent à des acteurs publics : communes et intercommunalités (1 465 sites), conseils départementaux (928 sites, dont 97 % sur pylône), syndicats des eaux (dont les châteaux d'eau sont des points hauts tout trouvés), services d'incendie, établissements de soins. La lecture est géographique : ces supports se concentrent là où l'initiative publique a précédé ou accompagné celle des opérateurs, en zone peu dense.
Transport et énergie
Restent 625 sites (1,9 %) chez des gestionnaires d'infrastructures : sociétés d'autoroutes, RATP, SNCF et SNCF Réseau, RTE, EDF et GDF. Ce sont les tunnels, les couloirs de métro, les emprises ferroviaires et autoroutières, c'est-à-dire précisément les endroits où la couverture ne peut pas venir de l'extérieur (voir la couverture du métro et du RER).
Sur quoi sont posées les antennes
La nature du support raconte la même histoire sous un autre angle. Le pylône autostable domine avec 20 791 sites (61,8 %), devant les immeubles et les bâtiments.
| Nature du support | Sites | Part | Hauteur moy. |
|---|---|---|---|
| Pylône autostable | 20 791 | 61,8 % | 34,4 m |
| Immeuble | 4 465 | 13,3 % | 28,7 m |
| Pylône tubulaire | 3 381 | 10,1 % | 28,6 m |
| Bâtiment | 1 972 | 5,9 % | 25,8 m |
| Château d'eau - réservoir | 1 332 | 4,0 % | 41,0 m |
| Intérieur sous-terrain | 349 | 1,0 % | 0,2 m |
| Monument religieux | 322 | 1,0 % | 37,1 m |
| Pylône arbre | 314 | 0,9 % | 23,4 m |
| Tour hertzienne | 177 | 0,5 % | 74,5 m |
| Pylône haubané | 148 | 0,4 % | 87,3 m |
Ce que ces chiffres ne disent pas
- Ni les loyers, ni les contrats. L'ANFR enregistre des installations radioélectriques, pas des baux. Le champ « propriétaire » ne renseigne ni la durée d'occupation, ni son prix, ni l'existence d'un accord de mutualisation.
- Pas la propriété des antennes. Un pylône TDF portant des antennes Free reste un pylône TDF ; les antennes, elles, sont exploitées par Free Mobile et déclarées comme telles.
- Rien sur l'itinérance. Là où Free s'appuie encore sur le réseau d'un autre opérateur, aucun support n'apparaît à son nom, puisqu'il n'exploite aucune antenne sur place.
- Un état à une date. Les parcs de points hauts changent de mains (filialisations, cessions entre sociétés de tours) et le fichier ANFR enregistre ces changements avec un décalage.
La répartition varie fortement d'un territoire à l'autre : elle figure sur chacune des fiches départementales, à comparer avec la moyenne nationale de 55,8 % de sites loués à des sociétés de tours. Voir la comparaison des départements ou la méthodologie détaillée.
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