Observatoire Free Mobile

Métro et RER en 3G/4G : le réseau que les données de l'ANFR ne montrent pas

Free et la RATP viennent de signer un accord pour étendre la couverture du métro et des RER A et B à la 3G et à la 4G. Ces installations souterraines échappent presque entièrement au fichier public sur lequel repose cette carte.

Free et la RATP ont annoncé lundi un accord pour participer au déploiement de la 3G et de la 4G dans le métro et sur les lignes A et B du RER. Jusqu'ici, les abonnés Free Mobile n'accèdent qu'à la 2G dans ces espaces. Le communiqué précise que les clients équipés d'un terminal compatible pourront « profiter des services 3G et 4G dans les stations et dans les trains ».

Emmanuel Pitron, secrétaire général du Groupe RATP, y voit un moyen d'offrir « une couverture complète de son réseau à ses 7 millions de voyageurs quotidiens, quel que soit leur opérateur mobile ». La formulation est importante : l'infrastructure souterraine est mutualisée, chaque opérateur venant s'y raccorder.

Un angle mort de la cartographie

Cet accord illustre une limite structurelle de ce site, qu'il vaut mieux énoncer clairement. Les données de l'ANFR recensent les stations radioélectriques soumises à autorisation, avec leurs coordonnées géographiques. Les équipements installés dans les tunnels et les stations n'y figurent pas selon la même logique que les points hauts de surface : il ne s'agit ni de pylônes ni de toitures, mais d'installations réparties le long des voies, souvent sous la forme de câbles rayonnants qui diffusent le signal sur toute la longueur d'un tunnel.

Résultat : la carte peut afficher très peu de sites au-dessus d'un tracé de métro parfaitement couvert. Rien d'anormal à cela. C'est le même phénomène que pour les tunnels routiers, certains grands bâtiments ou les installations intérieures d'aéroports et de centres commerciaux.

Nous le signalons parce que la question revient régulièrement : un visiteur ne trouve aucune antenne à proximité d'un endroit où il capte très bien, et en conclut que les données sont fausses. Elles sont surtout incomplètes par nature, ce que détaille notre page de méthodologie.

Ce que la densité parisienne raconte malgré tout

Paris et la petite couronne sont, de loin, les territoires les plus denses en sites de surface, comme le montre le comparatif départemental. Ce n'est pas seulement une affaire de population : en zone très dense, les bandes hautes portent peu, les immeubles bloquent le signal, et il faut donc multiplier les points d'émission pour tenir la charge.

La couverture des transports souterrains obéit à la même contrainte, poussée à l'extrême. Un tunnel est un environnement radio fermé, où le signal venu de la surface ne pénètre pas. Sans équipement dédié, aucun réseau n'y fonctionne, quelle que soit la densité d'antennes au-dessus.

Un chantier qui prendra du temps

Le communiqué emploie la formule « très prochainement ». Il faut s'attendre à un déploiement étalé, ligne par ligne, avec des interventions limitées aux plages de fermeture nocturne du réseau. C'est un rappel utile pour interpréter les annonces de déploiement en général : entre la signature d'un accord et le service effectif, le délai se compte rarement en semaines.

Le même décalage existe, à plus petite échelle, entre l'autorisation d'un site par l'ANFR et sa mise en service. Sur la carte, les sites autorisés mais pas encore actifs sont distingués des autres, précisément pour ne pas laisser croire que toute antenne déclarée émet déjà.

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