Observatoire Free Mobile

700 MHz : la bande basse qui va changer la couverture rurale de Free Mobile

L'ARCEP vient d'attribuer 10 MHz de la bande 700 MHz à Free Mobile, qui porte son portefeuille à 55 MHz. Peu de spectre en quantité, mais une bande dont les propriétés de propagation valent bien plus que ses dix mégahertz.

L'ARCEP a publié mardi soir les résultats des enchères sur la bande 700 MHz. Free Mobile obtient 10 MHz, ce qui porte son portefeuille total à 55 MHz de fréquences 3G/4G. Le communiqué d'Iliad accompagne l'annonce de quelques chiffres sur l'état du réseau : près de 60 % de la population couverte en 4G, avec 5 400 sites en service, « dont la majorité est raccordée en fibre optique ».

Dix mégahertz, à côté des 20 MHz obtenus quatre ans plus tôt sur la bande 2600 MHz, paraissent modestes. C'est pourtant probablement l'acquisition la plus structurante pour la couverture du territoire.

Ce que vaut une bande basse

À puissance égale, une onde de 700 MHz porte beaucoup plus loin qu'une onde de 2600 MHz, et traverse bien mieux les obstacles : murs, végétation, relief. Un même pylône équipé en 700 MHz dessert donc une surface sans commune mesure avec ce qu'il couvrirait en bande haute, et le signal atteint l'intérieur des bâtiments là où une bande haute s'arrête à la façade.

Cette physique a une traduction économique directe. Couvrir une zone rurale en bandes hautes exigerait un nombre de sites financièrement déraisonnable. Avec des bandes basses, quelques points hauts bien placés suffisent. C'est pourquoi les départements les moins densément peuplés affichent des densités de sites très faibles au kilomètre carré sans être pour autant mal desservis, un point que nous rappelons sur chacune des fiches départementales.

La contrepartie est la capacité. Une bande étroite en fréquences basses se sature vite dès que les usages se concentrent. D'où l'architecture retenue par tous les opérateurs : les bandes basses pour la couverture, les bandes hautes pour le débit, sur les mêmes sites quand c'est possible.

Le dividende numérique

La bande 700 MHz n'est pas vierge. Elle est utilisée par la télévision numérique terrestre, et sa libération au profit de la téléphonie mobile impose une réorganisation des fréquences de la TNT, avec les opérations de réception que cela suppose chez les particuliers. C'est ce qu'on appelle le second dividende numérique.

Ces fréquences ne deviendront donc pas exploitables du jour au lendemain. Leur disponibilité effective s'étalera dans le temps, région par région, au rythme du réaménagement.

Un réseau déjà fibré

L'autre information du communiqué mérite d'être relevée : la majorité des 5 400 sites 4G en service sont déjà raccordés en fibre optique. Le raccordement d'un site d'antennes, ce qu'on appelle le lien de collecte, conditionne le débit qu'il peut délivrer. Un pylône relié par un lien étroit plafonne, quelle que soit la modernité de ses antennes.

Iliad rappelle par ailleurs être « le 1er investisseur parmi les opérateurs télécoms français en consacrant près de 28 % de son chiffre d'affaires à ses investissements ». Ce type de chiffre est invérifiable depuis les données publiques d'implantation, et relève de la communication financière plutôt que de l'observation du réseau.

Ce qu'il faudra surveiller

L'effet de cette acquisition ne se lira pas dans le nombre de sites, mais dans les bandes déclarées sur les sites existants. Équiper un pylône d'une bande supplémentaire ne crée aucun point sur la carte : cela modifie ce qu'il émet.

Concrètement, il faudra s'attendre à des vagues de redéclarations administratives sur le parc déjà en place, sans chantier visible. C'est aussi de cette manière que la couverture des zones peu denses progressera le plus vite, bien plus que par la construction de nouveaux pylônes.

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