Observatoire Free Mobile

5G SA : ce que change un réseau 5G qui ne s'appuie plus sur la 4G

Free annonce déployer la 5G Standalone en 3,5 GHz à l'échelle nationale. Derrière le sigle se cache une différence d'architecture réelle, et un chiffre qui remet les décomptes 5G à leur juste place : 6 950 sites en 3,5 GHz sur plus de 20 000 sites 5G.

Free a annoncé mercredi avoir déployé la 5G SA (Standalone Access) sur les fréquences 3,5 GHz de son réseau public à l'échelle nationale, et se présente comme le premier opérateur français à proposer cette technologie à ses abonnés. Le communiqué donne au passage l'état du parc : plus de 20 000 sites 5G en service, dont 6 950 sites 3,5 GHz, accessibles dans près de 10 500 communes, pour une couverture d'environ 95 % de la population.

NSA, SA : une différence d'architecture

Le communiqué donne lui-même la définition, et elle est utile. La 5G SA « utilise des infrastructures entièrement dédiées et indépendantes, ne reposant sur aucune infrastructure 4G », tandis que la 5G NSA (Non-Standalone) « exploite les infrastructures 4G existantes pour monter en puissance ».

Autrement dit, la 5G telle qu'elle a été lancée en France fin 2020 s'appuie sur le cœur de réseau 4G pour tout ce qui n'est pas la transmission radio : l'authentification de l'abonné, l'établissement des communications, la gestion de la mobilité. Seule la partie radio est réellement 5G. Le passage en Standalone suppose un cœur de réseau nouveau, ce que le communiqué confirme en évoquant « la construction d'un nouveau cœur de réseau ».

Les gains annoncés sont cohérents avec ce changement : débits plus élevés, latence réduite, fiabilité renforcée. La latence, en particulier, dépend fortement du chemin que suivent les données dans le réseau, et c'est là que l'architecture SA fait la différence.

Le chiffre qui remet les décomptes en perspective

Sur plus de 20 000 sites déclarés en 5G, 6 950 seulement portent la bande 3,5 GHz. Le rapport est d'environ un sur trois.

Ce ratio mérite d'être gardé en tête quand on regarde une carte ou un tableau départemental. Un site « 5G » peut être un site en 700 MHz, dont la 5G apporte surtout de la couverture et une meilleure efficacité, ou un site en 3,5 GHz, capable de débits sans commune mesure. Les données de l'ANFR permettent de distinguer les bandes déclarées, et c'est précisément pour cela que nos fiches départementales détaillent la répartition par bande plutôt que de s'en tenir à un total.

C'est aussi ce qui explique l'écart de perception entre deux abonnés également « couverts en 5G ». En ville, la bande 3,5 GHz est fréquente ; à la campagne, la 5G repose essentiellement sur les bandes basses héritées de la 4G.

Une technologie qui ne se voit pas dans les données

Il faut être clair sur un point : le fichier de l'ANFR ne dit pas si un site fonctionne en NSA ou en SA. Il recense des stations radioélectriques, avec leurs bandes de fréquences et leurs technologies déclarées. La distinction entre les deux architectures se joue dans le cœur de réseau, à des kilomètres des pylônes, et ne laisse aucune trace dans les données publiques.

Cette carte ne peut donc ni confirmer ni infirmer une couverture 5G SA en un point donné. C'est l'une des limites que nous rappelons dans notre méthodologie : les données publiques décrivent des installations physiques autorisées, pas la configuration logicielle du réseau ni les services qui y tournent.

Ce qu'il faudra vérifier

Free commercialise cette technologie sous le nom de 5G+. Les bénéfices annoncés (latence réduite, fiabilité renforcée, nouveaux usages pour les entreprises) relèvent pour l'instant de la promesse technique.

Ce sont les mesures indépendantes, en particulier les campagnes annuelles de qualité de service du régulateur, qui permettront de dire ce que cette architecture apporte réellement aux utilisateurs. La disponibilité effective de la technologie, elle, se lira dans la progression des sites équipés en 3,5 GHz, que nous suivons département par département.

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