Free commente les résultats de la campagne annuelle de mesures de l'Arcep et annonce un réseau de plus de 30 000 sites en service, couvrant 99,6 % de la population en 4G. L'occasion d'expliquer ce qu'une telle enquête mesure, et ce qu'elle ne mesure pas.
Free a publié jeudi dernier sa lecture des résultats de la campagne annuelle de mesures de qualité de service de l'Arcep. L'opérateur y annonce se classer premier ou deuxième ex aequo sur plus de la moitié des indicateurs de communication voix, SMS et vidéo, sur tous les indicateurs de voix OTT, et sur plus des deux tiers des indicateurs d'internet mobile exigeant des débits descendants supérieurs à 30 Mbit/s.
Il se distingue également, selon ce communiqué, sur les axes TGV, en zones intermédiaires, rurales et touristiques, avec un classement premier ou deuxième sur près des deux tiers des indicateurs.
Une enquête de terrain, pas une déclaration
Ce qui distingue la campagne de l'Arcep des chiffres habituellement communiqués, c'est sa nature. Il ne s'agit pas de couverture déclarée ni de simulations de propagation, mais de mesures réalisées sur le terrain, avec des terminaux, sur des dizaines de milliers de points répartis par type de zone.
C'est une différence de fond avec les données que ce site exploite. Le fichier de l'ANFR décrit des installations autorisées : où se trouvent les supports, quelles bandes y sont déclarées, lesquelles sont mises en service. Il ne dit rien de ce qu'un utilisateur reçoit réellement à une adresse donnée. Une carte d'antennes et une enquête de qualité de service répondent à deux questions distinctes, et aucune ne remplace l'autre.
La distinction par type de zone opérée par le régulateur est particulièrement utile. Un classement national moyen masque des situations très différentes entre un centre-ville dense et une zone rurale, ce que nos comparaisons départementales montrent également, mais sous l'angle des infrastructures.
Les chiffres de réseau annoncés
Le communiqué donne plusieurs repères sur l'état du parc à cette date :
- couverture de 99,6 % de la population en 4G et de 95 % en 5G ;
- « plus de 30 000 sites en service partout en France » ;
- en note de bas de page, un décompte précis tiré de l'observatoire 5G de l'Arcep du 25 septembre 2025 : 21 390 sites 5G en 700 MHz et 3,5 GHz en France métropolitaine au 30 juin 2025, dont 9 297 sites 3,5 GHz.
Cette note de bas de page est la partie la plus vérifiable du communiqué, parce qu'elle renvoie à une source publique et datée. Elle permet aussi de mesurer le chemin parcouru depuis septembre 2024 : les sites en 3,5 GHz sont passés d'environ 6 950 à 9 297 en une année, quand le total des sites 5G progressait plus lentement. La densification s'est donc concentrée sur la bande haute.
Pourquoi nos chiffres ne coïncident pas exactement
Les comptages publiés sur ce site diffèrent presque toujours, à la marge, de ceux que citent les opérateurs ou le régulateur. Ce n'est pas une anomalie, et il vaut mieux en connaître les raisons.
Les périmètres d'abord : nous nous limitons à la France métropolitaine, et nous comptons des supports (des points hauts) et non des stations ou des antennes. Les dates ensuite : l'observatoire de l'Arcep photographie le parc à une date précise, tandis que le fichier de l'ANFR que nous utilisons est mis à jour à un autre rythme, avec un décalage de quelques semaines sur la réalité du terrain. Les critères enfin : selon qu'on retienne les sites autorisés ou les seuls sites mis en service, le total varie sensiblement.
Notre page de méthodologie détaille ces choix. Ils expliquent aussi que la date de mise à jour affichée en pied de page compte autant que les chiffres eux-mêmes.
Voix sur 5G et technologies moins visibles
Le communiqué mentionne enfin l'intégration de la VoNR (Voice over New Radio), présentée comme la technologie voix la plus avancée du moment, disponible pour les abonnés connectés au réseau 5G+ avec un terminal compatible.
Comme l'architecture Standalone, ces évolutions ne laissent aucune trace dans les données d'implantation. Elles rappellent qu'une part importante de la qualité perçue se joue ailleurs que dans le nombre de pylônes : dans le cœur de réseau, dans les terminaux, et dans la manière dont le trafic est acheminé.
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