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Nokia, la 5G et le fibrage des sites : ce que prépare l'accord signé par Iliad

Iliad annonce un accord stratégique avec Nokia pour déployer la 5G en France et en Italie. Derrière le choix d'un équipementier européen, le communiqué révèle un préalable technique moins commenté : le raccordement en fibre des sites mobiles.

Iliad a annoncé lundi un accord stratégique avec Nokia pour le déploiement de son réseau 5G en France et en Italie. Le communiqué souligne que Nokia est partenaire du Groupe depuis 2010 pour ses réseaux mobiles 3G et 4G, et présente ce choix comme celui « de la technologie européenne et de l'indépendance stratégique ».

La formule n'est pas anodine dans le contexte actuel. La question des équipementiers utilisés dans les réseaux mobiles occupe le débat public européen, et le choix d'un fournisseur n'est plus seulement une décision d'ingénierie.

Ce que fait un équipementier

Les antennes que recense l'ANFR, et que cette carte affiche, ne sont que la partie visible d'une chaîne technique. Derrière chaque site se trouvent des équipements radio, un cœur de réseau qui gère les abonnés et les communications, et des liens de transmission qui relient le tout.

L'équipementier fournit cet ensemble. Changer de fournisseur, ou en faire cohabiter plusieurs, se décide à l'échelle de régions entières et engage un opérateur pour une décennie. C'est pourquoi ce type d'accord se signe longtemps avant que la première antenne correspondante n'apparaisse dans les données publiques.

Le détail le plus concret du communiqué

Une phrase mérite d'être isolée : Iliad affirme disposer d'« un réseau mobile de dernière génération sur l'ensemble du territoire qui, grâce à la densification constante de son réseau et au fibrage quasi systématique des sites mobiles, est prêt pour la 5G dès la mise à disposition des nouvelles fréquences ».

Deux idées s'y superposent. La densification, d'abord : ajouter des sites là où le trafic l'exige, ce que traduit la progression du nombre de supports dans les données de l'ANFR. Le fibrage, ensuite, déjà mis en avant lors de l'attribution des fréquences 700 MHz en 2015, qui portait alors sur les 5 400 sites 4G en service.

Ce dernier point est souvent négligé quand on regarde une carte d'antennes. Un site n'est pas seulement un point sur une carte : c'est un équipement raccordé à un réseau de collecte. Un pylône relié par un lien de faible capacité ne délivrera jamais les débits permis par ses antennes, quelle que soit la bande utilisée. La 5G, qui promet des débits très élevés, suppose des liens à la hauteur.

Un déploiement suspendu aux fréquences

Le communiqué annonce un déploiement 5G « qui débutera en 2020 » et évoque les « près de 17 millions d'abonnés mobiles du Groupe en France et en Italie ». Il précise aussi que la 5G doit répondre aux besoins des entreprises, dans la perspective du lancement de l'activité B2B du Groupe en France.

Le calendrier dépend toutefois d'un élément extérieur, et la formule « dès la mise à disposition des nouvelles fréquences » le reconnaît implicitement. Les bandes destinées à porter la 5G n'ont pas encore été attribuées en France. Tant que la procédure du régulateur n'aura pas eu lieu, aucun opérateur ne pourra lancer commercialement la technologie, quel que soit l'état de préparation de son réseau.

Pourquoi ces annonces précèdent les données

Il y a toujours un décalage entre une annonce industrielle et sa trace dans le fichier de l'ANFR. Un accord d'équipementier ne crée aucun site. Il faut ensuite négocier des emplacements, obtenir les autorisations, construire ou modifier les installations, les déclarer, puis les mettre en service.

C'est la raison pour laquelle nous distinguons systématiquement les sites autorisés et les sites en service, et pourquoi les tout derniers mois de nos statistiques sont toujours sous-évalués : le fichier public accuse un décalage de quelques semaines sur la réalité du terrain. Notre page de méthodologie détaille ces délais.

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