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Enchères 5G : 70 MHz dans la bande 3,4-3,8 GHz pour 602 millions d'euros

iliad sort des enchères 5G avec 70 MHz dans la bande 3,4-3,8 GHz, soit 23 % du spectre mis en jeu. Le communiqué détaille un montage financier en deux temps, et mentionne au passage une extension de spectre restée dans l'ombre.

À la clôture de la phase d'enchère principale, jeudi dernier, le Groupe iliad annonce avoir obtenu 70 MHz dans la bande 3,4-3,8 GHz, soit 23 % des fréquences disponibles dans le cadre de cette procédure. C'est la bande dite « cœur » de la 5G en Europe, celle qui porte l'essentiel des promesses de débit de la technologie.

Deux acquisitions de nature différente

Le communiqué distingue soigneusement deux opérations, et cette distinction mérite d'être comprise.

Un bloc de 50 MHz a été obtenu en souscrivant aux engagements prévus par le cahier des charges de l'Arcep, pour 350 millions d'euros étalés sur quinze ans. À cela s'ajoutent deux blocs de 10 MHz remportés lors de l'enchère elle-même, pour 252 millions d'euros à payer sur quatre ans. Soit 602 millions au total, selon deux échéanciers très différents.

La première part n'est pas une enchère au sens strict : elle s'obtient en acceptant des obligations de déploiement et de service. La seconde relève de la mise aux enchères classique, où les opérateurs se disputent les blocs restants. Ce mécanisme en deux temps vise à garantir un socle à chacun tout en laissant le marché arbitrer le reste.

Une extension passée inaperçue

Le communiqué mentionne, presque en passant, que le Groupe bénéficiera à compter de 2021 d'une extension de son spectre en 900 MHz (+2,6 MHz symétrique) et en 2,1 GHz (+9,8 MHz symétrique).

Ces quelques mégahertz supplémentaires en bandes basses et médianes ne feront l'objet d'aucune communication grand public, mais ils comptent. Le 900 MHz est une bande de couverture, historiquement utilisée pour la 2G puis la 3G ; le 2,1 GHz porte l'essentiel de la 3G. Élargir ces bandes permet de réaffecter progressivement du spectre vers les technologies récentes sans toucher aux infrastructures.

C'est un phénomène important pour lire les données de l'ANFR : une part des évolutions déclarées sur les sites existants ne correspond à aucun chantier visible. Il s'agit de changements de fréquences ou de technologies sur des antennes déjà en place, qui donnent lieu à une nouvelle déclaration administrative. D'où les pics de « sites modifiés » que notre graphique de statistiques masque par défaut, tant ils écrasent l'échelle.

Une bande haute, avec ce que cela suppose

Les 3,5 GHz appartiennent aux bandes hautes. Elles offrent beaucoup de débit sur une portée réduite, à l'inverse des 700 MHz acquis en 2015. Un site équipé en 3,5 GHz couvre une zone nettement plus petite qu'un site en bande basse, et le signal pénètre moins bien à l'intérieur des bâtiments.

Concrètement, la 5G en 3,5 GHz ne se déploiera pas partout de la même façon. Elle se concentrera là où la densité d'usage le justifie, et suppose un maillage de sites plus serré. Il faudra donc se garder de confondre, dans les mois qui viennent, le nombre de sites déclarés en 5G et le nombre de sites capables des débits associés à cette technologie : ceux-là supposent la bande haute.

Nos fiches départementales détaillent, pour chaque territoire, la répartition des bandes déclarées sur les sites. C'est cette ventilation, plus que le total, qu'il faudra suivre.

Ce qui vient ensuite

L'attribution des fréquences était le dernier verrou. iliad indique vouloir lancer « prochainement » ses offres 5G pour ses 13,4 millions d'abonnés, et le choix de son équipementier est arrêté depuis un an.

Reste à voir sur quelles bandes le lancement s'appuiera réellement. Équiper un parc entier en 3,5 GHz demande du temps et des chantiers ; réutiliser une bande basse déjà déployée sur des points hauts existants est bien plus rapide. Le rythme d'apparition des sites 5G dans les données de l'ANFR permettra de trancher.

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