Observatoire Free Mobile

Opensignal 2026 : +27 % de débit et -32 % de latence, ce que mesurent ces chiffres

Free s'appuie sur un rapport d'Opensignal pour revendiquer la première place européenne sur la qualité de la 5G Standalone. Les gains annoncés par rapport à la 5G NSA sont chiffrés, mais leur méthode de mesure mérite d'être comprise.

Free communique depuis jeudi dernier sur le dernier rapport d'Opensignal consacré à la 5G Standalone en Europe. Avec un score de 94 % sur l'indicateur de qualité de service, l'opérateur est placé en tête des opérateurs européens évalués sur cette technologie, qu'il commercialise sous le nom de 5G+.

Deux gains sont chiffrés par rapport à la 5G NSA : des débits moyens descendants supérieurs de 27 %, et une latence améliorée de 32 %, présentée comme la plus forte progression parmi les opérateurs européens évalués. Free est également classé premier en France sur le temps passé par ses abonnés en 5G SA.

Comment ces mesures sont produites

La note de bas de page du communiqué est plus instructive que le corps du texte. Elle précise que les données ont été collectées entre le 1er janvier et le 31 mars 2026, et que les mesures sont réalisées « auprès des utilisateurs disposant d'un terminal compatible 5G et d'une offre 5G ».

C'est la caractéristique de ce type d'étude : les données proviennent des terminaux des utilisateurs eux-mêmes, via des applications qui remontent des mesures en arrière-plan. Ce mode de collecte a des qualités évidentes, puisqu'il reflète des usages réels, dans des conditions réelles. Il a aussi des biais qu'il faut avoir en tête.

Les mesures se concentrent là où se trouvent les utilisateurs équipés, c'est-à-dire davantage en zone dense qu'en zone rurale, et davantage chez les possesseurs de terminaux récents. Un indicateur de « qualité constante » mesure l'expérience de ceux qui sont déjà connectés à la technologie évaluée, pas la probabilité d'y avoir accès. Ces enquêtes diffèrent en cela des campagnes de terrain du régulateur, dont les points de mesure sont répartis selon un protocole défini à l'avance, comme dans la campagne Arcep 2025.

Pourquoi la latence progresse plus que le débit

L'écart entre les deux gains annoncés (27 % sur le débit, 32 % sur la latence) n'est pas un hasard : il découle directement de ce qui distingue les deux architectures.

En 5G NSA, le terminal reste rattaché au cœur de réseau 4G pour la signalisation. Les échanges nécessaires à l'établissement et au maintien d'une connexion empruntent donc un chemin plus long. La 5G Standalone, déployée par l'opérateur à partir de septembre 2024, s'appuie sur un cœur de réseau dédié, ce qui raccourcit ce chemin.

Le débit, lui, dépend surtout de la largeur de bande disponible et de la qualité du signal radio, deux paramètres largement identiques d'une architecture à l'autre sur une même bande. D'où un gain réel, mais moins marqué.

Ce que la carte peut, et ne peut pas, vous dire

Aucune de ces mesures ne se retrouve dans les données de l'ANFR, et il serait trompeur de le laisser croire. Le fichier public recense des installations autorisées : leur emplacement, leurs bandes de fréquences, leur état de mise en service. Il ne contient ni débit, ni latence, ni architecture de cœur de réseau.

Ce que cette carte permet, c'est de savoir si un site Free Mobile est implanté à proximité d'une adresse, quelles technologies y sont déclarées, et s'il est en service. C'est une information de nature différente, et complémentaire : les études de qualité décrivent ce que reçoivent les utilisateurs, les données d'implantation décrivent l'infrastructure qui le permet.

Pour une question précise sur ce que ces données recouvrent, notre foire aux questions répond aux cas les plus fréquents, notamment l'absence d'antenne visible dans un secteur pourtant bien couvert.

Un indicateur d'adoption plus parlant que le classement

Le second résultat mis en avant, le temps passé en 5G SA, est peut-être le plus significatif des deux. Un classement de qualité mesure l'expérience de ceux qui utilisent la technologie ; le temps passé mesure sa disponibilité effective au quotidien.

Une technologie excellente mais rarement accessible produirait un bon score de qualité et un faible temps d'utilisation. Que les deux progressent ensemble indique un déploiement effectivement étendu, cohérent avec les 9 297 sites en 3,5 GHz recensés par l'observatoire de l'Arcep au 30 juin 2025.

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